Mojito : fidèle à son territoire

Les années passent et se ressemblent. Lors du premier confinement – un an déjà – nous avions découvert la présence de Mojito, un lézard ocellé qui avait hiberné sous les tomettes tout contre la façade sud de la maison. Il n’avait pas résisté à la tentation de la tiédeur printanière. Au fil des beaux jours, nous l’avions aperçu un peu plus à l’est puis nous l’avions perdu de vue, sans l’oublier. Nous savions juste qu’il avait rencontré un.e autre partenaire et que des petits lézards  étaient nés. Qu’était-il devenu ? Avait-il quitté ce territoire pour un autre ? Au fond, nous savons fort peu de choses sur les habitudes des lézards : leur durée de vie, leur coutume, leur alimentation, leur mode de survie.

Fidèle à son territoire

Abeille charpentière butinant le pollent des fleurs de bourrache

Les bourraches fleuries font le bonheur des abeilles charpentières qui butinent leurs pollens.

Depuis trois jours le soleil darde ses rayons sans retenue et réchauffe la terre. Les premiers semis peuvent se tenter – bien évidemment à l’abri – sous un châssis nantais par exemple. Les fleurs éclosent, explosent. Les oiseaux chantent et s’affairent : ils commencent à faire leur nid. Volètent les papillons. Bourdons et abeilles butinent les fleurs écloses qui revigorées par la luminosité et la chaleur explosent. C’est presque l’été.

Hier, un bruit attirait mon attention alors que j’étais en train de lire La griffe du chien de Don Winslow, un roman désespérant comme rarement j’en ai lu et pourtant j’ai beaucoup lu. Soudain un lézard vert – nul doute c’était Mojito, fidèle à son territoire qui s’extrayait de dessous les feuilles de la bourrache, tentait d’attraper quelques abeilles charpentières et se réfugiait dans la cave. Apeuré peut-être ? Il hésitait puis longeait le mur et achevait sa course devant la tomette. Me replongeant dans ma lecture, je le perdais de vue.

Ce matin, de retour du jardin je l’apercevais qui tentait une sortie de son abri : les tomettes. Dès qu’il ressentit la vibration de mes pas sur le sol en manque d’humidité, il retournait se cacher. Cela a duré un bon moment comme l’an dernier mais il n’a pas résisté à l’appel du soleil : entre deux atermoiement, il nous laissait le temps de le photographier. Nul doute, il s’agit bien de Mojito qui a un petit faible pour la couleur de menthe verte.