Histoires d’eaux

Histoires d'eaux

Au cœur de la Braunhie : lac de Saint-Namphaise

Imaginer des ressources en eaux sur un territoire aride comme les Causses tient de la gageure. Et pourtant les histoires d’eaux ne font pas défaut. Créés à l’époque de Charlemagne, les lacs de Saint Namphaise – ancien officier devenu ermite – font partie du patrimoine Lotois. Ils sont plus ou moins profonds, plus au moins grands. Quoi qu’il en soit,  intégrés dans le paysage, ils étonnent et ravissent toujours autant. Leur inclusion dans un environnement calcaire frise la provocation tant elle est parfaite et inattendue. Comment sur un territoire réputé aride peut-il y avoir de l’eau aussi limpide à cet endroit précis ? Bien que stagnante, elle ne disparaît jamais même au cœur de l’été. C’est comme un miracle – fruit de l’ingéniosité humaine et d’une nature exceptionnelle. Prodigue, la vie s’y installe. Au sein des plantes aquatiques pullulent larves, alevins et petits poissons sans oublier tous les insectes d’eau et les belles libellules.

 

Une balade à partir du village de Fontanes

Histoires d'eaux : un sentier caillouteux jusqu'à un bassin

De l’aridité du sol vers un bassin !

Proposée et décrite dans un guide édité par le Parc Naturel Régional des Causses du Quercy, cette balade dans les fonds de la Braunhie permet de cheminer de sentier en sentier. Souvent  pris entre deux murets en pierres sèches,  ils conduisent jusqu’à ces lacs cachés au tréfonds de la forêt ou au abords d’une prairie. Trésors d’une vie aquatique exceptionnelle, ils dévoilent leurs secrets  si peu que l’on prenne le temps de les découvrir. Ils égayent le paysage habituel plutôt étriqué en un havre de beauté inédite. Le mirage est immédiat : roseaux et chênes se mirent dans une onde pure dans laquelle évoluent des myriades d’alevins. En cette fin d’après-midi, les reflets parfaits se déclinent à l’envi. L’aridité du Causse débouche sur la magie d’une vie sous-marine imprévue et pourtant bien réelle. 

Une balade à partir du village de Reilhac

Histoires d'eaux : autre lac de Saint-Namphaise

Autre lac de Saint-Namphaise !

Tout aussi magnifique et sidérante, cette promenade  de neuf kilomètres sur les chemins de l’eau permet de découvrir la richesse des villages du Quercy. Incrustés dans un patrimoine aux tonalités ocres et grises ils s’insèrent dans un paysage austère. Cette rusticité  encense la beauté de la pierre calcaire, partout présente, dans le sol – en dalles imposantes – sur les murets ou bâtie pour canaliser et délimiter de petits bassins desquels la flore explose. Les lacs se succèdent  toujours plus surprenants, toujours plus ravissants. L’on ne se lasse pas de les admirer, de s’attarder sur les détails de ses constructions vieilles de plusieurs siècles non altérées par le temps. Même dans le plus petit de ces bassins – le mot lac ne tient pas compte de leurs tailles modestes – la vie s’installe. Elle permet de comprendre à quel point la nature livrée à elle-même est prolifique.

 

Une source oubliée : Fontaride

Histoires d'eaux :

Rouge-queue venu se désaltérer et se baigner : l’eau un bien précieux

Avoir des points d’eau naturels sur le Causse constitue une richesse. En effet l’aridité d’un sol peu profond tourne vite au casse-tête dès que s’installe une sécheresse.  Alors que pullulent les piscines, on oublie que l’eau est précieuse. Autrefois l’eau n’arrivait pas au robinet. Il fallait aller la chercher, parfois parcourir des kilomètres à flanc de falaise jusqu’à une source dégoulinante, froufroutante. Les anciens avaient anticipé ces histoires d’eaux. Partout se rencontrent des fontaines, des puits ou même des bassins.  Les sources étaient entretenues, comme celle de Fontaride aujourd’hui délaissée. Les chemins sculptés entre les buis et consolidés par des remparts de pierre contournent les faces abrupts de la falaise jusqu’à cette anfractuosité toujours abreuvée. Les ruissellements des pluies filtrés par la roche finissent par échouer dans ce bassin. Inutilisé, à l’abandon, seuls les animaux sauvages et les oiseaux se souviennent de son implantation.

Une ancienne aire de battage devenue bassin

Histoires d'eaux

Une ancienne aire de battage transformée en bassin

Abondante en hiver si la pluie n’est pas récupérée, elle manque à la belle saison. D’où l’idée de remettre en service des citernes. De faire un bassin dans un environnement qui s’y prête : une ancienne aire de battage façonnée sur des dalles calcaires. Alimentée en eau depuis la toiture d’une grangette, elle ne tarde pas à accueillir une flore aquatique – menthe des cerfs, joncs du jardinier et autres plantes et fleurs ramassées sur les bords de la rivière – qui ne demandent qu’à s’acclimater. Rappliquent les libellules – plusieurs familles – puis sont introduits des poissons. Et la vie prolifère attirant vers ce point d’eau pinsons, merles, geais mais aussi des rapaces qui font leur toilette ou se baignent ainsi que des biches venues se désaltérer. Il suffit de prendre le temps et de contempler : histoires d’eaux contemporaines !