Avec la baisse des températures, les passereaux se sont rapprochés de la maison. Se nourrir coûte que coûte devient leur priorité. Rien ne les effraie. La moindre graine est bienvenue. Par bandes, les pinsons cherchent leur pitance à même le sol, n’hésitant pas à grattouiller sous les feuilles qui les gênent. Ils ne dédaignent pas aussi les mangeoires installées à cet effet dans laquelle un mélange de graines pour oiseaux de la nature a été déposé. Ils se relaient. Parfois, ils se chamaillent, s’effraient afin de dissuader leurs congénères. Les femelles sont les plus virulentes. Plus discret, l’accenteur mouchet sait attendre le moment venu où les mésanges charbonnières ou bleues enfin repues se calent en haut du chêne ou du frêne.
Prudent, le bruant zizi s’avance avec précaution et se glisse depuis l’arrière sans se faire remarquer. Sa barbiche noire qui lui enserre le visage et ses stries jaunes presque canari le rende tout de suite reconnaissable. Il n’est pas facile à photographier car il ne vient à l’épicerie qu’en cas de grande nécessité. Quand il fait froid et qu’il ne peut trouver de la nourriture ailleurs. Rassasié, il ne s’attarde pas, revient vers des lieux moins ouverts.
Ce qui n’est pas le cas des sittelles torche-pot insatiables. Nombreuses, dans un ballet incessant, après avoir pillé les graines de la mangeoire en tuiles plates, elles vont à l’assaut de la nouvelle installée dans le pêcher. Depuis le vinaigrier, sur lequel elles marquent un temps d’arrêt, elles s’élancent jusqu’à cette maison miniature. Gourmandes, elles s’attardent, piochent plusieurs graines parmi celles qu’elle préfèrent. Déjà, une autre attend son tour et atterrit dès que la précédente laisse la place. Légères, elles s’agrippent à la paroi avant de se poser, jetant un œil à droite et à gauche afin de s’assurer qu’aucun danger ne les menace.
- La sittelle torche-pot
- avant de se remplir le jabot…
- puis de se poser.
Mésanges bleues et mésanges charbonnières se concurrencent : se nourrir coûte que coûte est une question de survie. Ces cousines n’aiment pas se côtoyer. Elles se chassent alors qu’elles tolèrent les pinsons et les rouges-gorges. Curieuse et observatrice, une mésange charbonnière tente d’attraper la graine qui lui fait envie et becque le verre de la bouteille. En vain. Elle recommence puis comprenant son erreur, grignote les graines disponibles.
- Avant de casser la graine…
- elle se pose
- puis s’empiffre
- et se méfie
- Le rouge-gorge est présent à tous les rateliers
- Comment attraper la graine ?
- Elle prend celles qui traînent
- Un autre coup d’oeil…
- Avant de se poser
Ce dernier n’est pas en reste. Toujours, le premier à squatter la mangeoire, il prend son temps, se perche, chante et regarde la pluie tomber. Mais si l’un de ses proches s’approche, il le fait fuir d’un coup d’aile. Pas question de partager son territoire.
- Le rouge-gorge
- tranquille…
- ne s’effraie pas
Même le merle quelquefois se laisse tenter. Méfiant il ne s’attarde jamais. Tout comme la pie ou le geai. Perchés à la cime du chêne, ils scrutent les alentours, descendent branche par branche, balaient l’espace dans un vol rapide avant de décider ou non s’ils peuvent atterrir sans danger. Quand ils le font, ils s’emparent vite fait d’une graine et s’envolent aussitôt vers les cieux. Les photographier est un vrai défi pour le moment non résolu.
Par contre, l’installation des mangeoires tentent les plus petits. Comme le rouge-gorge intrépide, ils ne tiennent pas compte de la présence de l’appareil photographique installé sur un trépied. Le déclenchement se faisant à distance, ils ne peuvent nous voir sans quoi ils fileraient dare-dare. Et en ces grises journées, prémisses hivernales, les photographier offre de vrais moments de bonheur. Et cela ne gène nullement le rouge-gorge qui prend la pose !















