Le cornouiller mâle

 

Le cornouillerEmblématique du Causse du Quercy, dès la fin de l’hiver, le cornouiller mâle imprègne le paysage de ses fluorescences d’un jaune soutenu. Par ses  fleurs fourmillantes en épis aux teintes dorées, il n’est pas sans rappeler son homologue du sud, le mimosa. Comme lui c’est un précurseur : un des premiers à gonfler ses bourgeons et à fleurir. Cette éclosion colorée alors que toute la végétation garde encore ses stigmates hivernaux illumine bosquets et landes arides. Le contraste s’accentue entre des arbres aux troncs sombres, noirs, dépouillés et cet arbuste tortueux dont la floraison prolifique s’étale sur plusieurs semaines. Surgissant là où on ne l’attendrait pas, il s’élève au-dessus d’un sol aride entre deux rochers calcaires. Il côtoie des fragons toujours verts ou ombrage les hellébores aux discrètes corolles.  Comme un soleil, il réchauffe un paysage à la recherche d’un nouveau souffle, d’un élan printanier. Il ravit le regard du promeneur ou de l’autochtone par sa simplicité et son esthétique répétitive.

 

Le cornouiller

Fleurs de cornouillerPeu exigeant en eau, en terre, le cornouiller mâle ramifie ses tiges. Il les étale alors en un réseau parfois impénétrable, tel un parasol dont il vaut mieux se méfier. Les microscopiques piquants dont il se protège ne manquent pas de lacérer ceux qui l’approchent, se défendant quand on veut le tailler. La floraison passée, pointent les futurs fruits, arrivent les feuilles, allongées, nervurées, à la texture proche de celle des cactées. Puis à l’automne si les conditions climatiques ont été propices – pas de gel printanier, pas de sécheresse intensive et prolongée – s’épanouissent les fruits rouges : comme des petites cerises bien tentantes mais trompeuses. Leur amertume quand elles ne sont pas complètement mures décontenancera  à prime abord. Riches en vitamine C, une fois cuisinée, les cornouilles révèlent leurs subtilités sucrées et acidulées tant en confiture qu’en sorbet