Été 2018, la sécheresse sévit sur le Causse et les oiseaux aussi ont soif et recherchent où s’abreuver et se posent sur les rebords de ce baquet sculpté dans la pierre : au bar à oiseaux.

Le troglodyte mignon, la queue toujours à l’équerre ne s’effarouche pas trop. Il volète, se perche dans les cavités des murets ou se met à l’abri sous les branchages.
En effet, les points d’eau sur le Causse du Quercy sont rares, fragiles et fluctuants. Parfois creusé dans la roche un lac de Saint-Namphaise surgit telle une oasis. Quelquefois une fontaine sillonne depuis la falaise à travers les prés. Et d’autre fois taillé dans la pierre calcaire un bac bien massif, repose sur le sol. Installé là, il y a bien longtemps, le voilà recyclé en abreuvoir à chevaux.
Depuis le 21 juin il faisait très chaud et il ne pleuvait toujours pas. On était fin août. Les terres desséchées avaient la texture du sable, les prairies brûlées ne portaient plus aucun signe de vie, les plantes assoiffées périclitaient, les fruits déshydratés se ratatinaient et les oiseaux déboussolés cherchaient un point d’eau où s’abreuver, où se baigner. Cachée derrière le fusain, en fin de journée, vers 18 heures, j’observais leur manège. Ils se méfiaient, vérifiaient avant de se lancer. D’abord, ils se posaient sur le prunier de Saint-Jean, patientaient un moment, guettaient puis se laissaient tomber sur le rebord du bac. J’attendais, je voulais les photographier. Mais dès que je bougeais ou appuyais sur l’obturateur, ils s’envolaient et tardaient à revenir. Je gâtais leur plaisir
Alors mon compagnon a trouvé la solution : programmer l’appareil photo et faire un déclenchement à posteriori. Et le miracle s’est produit. Pas de danger en vue et les voilà à se retrouver Au Bar à Oiseaux.
Sédentaires, les sittelles torchepot se plaisent dans les sous bois et aux alentours des vieux bâtiments. Quand il s’agit de se nourrir, elles prennent des risques, n’hésitent pas aussi à chasser les plus petits.
Pas facile à déceler, le pic épeiche s’envole dès qu’on l’approche. On l’entend pourtant qui martèle de son bec les troncs d’arbres. Quelle n’a pas été ma surprise lorsque je l’ai aperçu. Apeuré dès qu’il m’a repérée, il a vite repris confiance après mon départ.
Sédentaires, fidèles les mésanges se repèrent facilement à leur chant, surtout lorsqu’elles se sentent menacées et veulent décourager l’ennemi. Elles nichent dans les trous des murs et au printemps, il est facile de les admirer lorsqu’elles nourrissent leurs petits : des va-et-vient incessants de la mère ou du père.




