Les incendies : corolaire d’un été torride

Autant l’hiver puis le printemps ont été pluvieux, autant l’été a été ensoleillé et chaud, caniculaire une semaine durant.

Le 20 juin apparaissait le soleil. Chouette – pensions-nous après un déluge répétitif sur plusieurs mois – macache le bonheur allait vite devenir un cauchemar. Comment deviner que cet état de grâce se prolongerait jusqu’au 6 septembre 2018, soit soixante-dix-huit jours  sans eau ? Et puis d’emblée, les températures frappaient fort : elles avoisinaient les 30° et grimpaient dans l’après-midi jusqu’à 40°. « C’est normal c’est l’été. » entendait-on dire à l’envi. Au début on y croyait. On mettait en place un arrosage qui palliait les conséquences de la sécheresse – en attendant non pas Godot mais la pluie, hormis que celle-ci ne venait pas.  Mais on avait beau scruter le ciel d’un bleu désespérant, tapoter le baromètre – l’aiguille ne bougeait pas et consulter les prévisions météo : il ne restait qu’à accepter la réalité. L’anticyclone n’avait pas l’intention de laisser sa place – comme ces politiques qui des décennies durant s’accrochent à vous écœurer.

Cependant, jardiner devient impossible.

Si suite à l’arrosage nocturne pointaient quelques fleurs, le feu brûlant de la journée les détruisait, elles ne fructifiaient pas. On comptait les légumes  alors que les années précédentes on les ramassait à pleine brouette. Les courgettes pourtant résistantes aux conditions particulières qui sont celles du Causse du Quercy – elles arrivent à maturité malgré un arrosage vite dilapidé par un sol qui ne retient pas l’eau – ne réussissaient pas à produire. Les haricots faisait de la résistance – il est vrai qu’ils avaient été semés tôt – néanmoins lorsque août pointa  son nez, ils se lassèrent. Les cosmos semés au milieu des légumes afin de colorer ce jardin, s’ils avaient fait de belles tiges refusaient de fleurir. Les pommes de terre, trop arrosées durant le printemps étaient bien grosses mais menaçaient de pourrir. Fin juillet elles étaient récoltées alors qu’habituellement on les garde en terre jusqu’en septembre.

Vous avez dit dérèglement climatique?

Quand le temps ne va pas le jardin ne pousse pas.

Mi-août on se croyait à l’automne : non pas que les températures aient fléchi. Seulement la flore souffrait, tirait la langue tant la soif la torturait. Le sol  déshydraté, jaunâtre n’avait plus d’herbe à offrir aux animaux. Les chevaux puisaient dans leur ration de foin. Les arbres perdaient leurs feuilles. Branches de frênesRoussies comme brulées, elles jonchaient la terre. Attaqués début juillet par des millions de pyrales – un ennemi aussi puissant que l’agent orange – les buis brunissaient, s’étiolaient, ne tardait pas à se défolier. Le causse du Quercy, loin d’offrir une surprise à chaque pas proposait un paysage apocalyptique dans lequel on n’éprouvait même plus l’envie de se promener. On se terrait et ressortait les vieux jeux de société. Dérèglement – réchauffement climatique : deux mots qui s’imposent.

Oui mais pas pour tout le monde

Et pourtant certains font comme si rien ne se passait… Le Président avait fait installer une piscine au fort de Brégançon. Son épouse s’adonnait au du ski nautique.  Alors que nous sommes en pleine mutation et dans l’urgence, les décideurs ferment les yeux, se bouchent les oreilles. Leurs avions personnels prêts à les porter vers des cieux plus cléments,  ils continuent à faire des affaires et à faire du profit

Les incendies corolaire d’un été torride

Les incendies corrolaire d'un été torride

Les incendies : largage d’eau

Les incendies : corrolaire d'un été torride

Les incendies : après le largage

Il y a bien deux mondes : celui des très riches et celui de ceux qui subissent les cataclysmes. Cependant nous ne faisons pas partie des plus mal lotis : une maison aux murs épais nous protège du froid ou de la chaleur.  Nous avons de l’espace, des arbres qui même mal traités jouent leur rôle, ombrent la cour. Une rivière à quelques kilomètres permet de se rafraîchir. Mais comme tout cela paraît précaire quand l’incendie se déclare.

Lundi 27 août vers 16 heures 30

À l’horizon est, le ciel devenait anthracite : tel un nuage annonçant l’orage. Espoir d’un instant : partout ailleurs le ciel restait bleu ! Alors on a pigé : la fumée en s’élevant portée par un vent faible formait comme des nuages. Comprendre, réagir, avertir le voisin, longer le sentier qui mène vers le G.R. 651 et voir. Le feu ravageait le versant voisin, juste en face. Retentissaient les sirènes des véhicules des sapeurs-pompiers. L’angoisse qui point. Que faire ? Fuir ? Attendre ? Observer ? En début de soirée arrivait un premier bombardier d’eau. Puis un autre. Avant de lâcher ses dix tonnes d’eau colorée, plusieurs fois il avait survolé le secteur jusqu’à se positionner au-dessus de la cible visée. Impressionnant, rassurant quand le savoir et la technologie servent à protéger. En début de nuit les flammes cessaient leur œuvre destructive : seuls des nuages de fumée subsistaient. Cependant 20 hectares avaient brûlé laissant un causse dépecé.

Quelques jours plus tard, samedi 1er septembre : rebelote

À nouveau ces nuages si particuliers qui n’annonçaient toujours pas la pluie. Un peu plus loin à une dizaine de kilomètres, le feu se propageait depuis le plateau de Gréalou jusqu’aux collines de Cajarc et de Cadrieu : 150 hectares carbonisées malgré deux cent sapeurs-pompiers, quatre canadairs et deux bombardiers d’eau, Dash. Le vent il est vrai avivait les flammes. Dans les deux cas, personne n’a été blessé. Les animaux ont pu être mis à l’abri. Un coup de bol ? !

Tiens voilà la pluie

Et aujourd’hui 6 septembre, tiens voilà la pluie ! Il ne pleut pas vraiment à verse : cependant comment ne pas se réjouir après 76 jours de soleil et de température intenses qui ont déshydraté le sol jusqu’à en faire une poussière fine qui a la texture du sable ?

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