Le passage de l’année 2021 à 2022 était marqué par des pluies florissantes avec la rivière Célé en crue. Partout dans les vallées traversées, les rives ne suffisaient plus à contenir la rivière tumultueuse, à canaliser son débit. Quelle métamorphose quand on se la rappelle au cœur de l’été ! Parfois tarie, les galets font racler les fonds des canoés. Surgissent des ilots de verdure, telles de petites îles. Les plages dégagées incitent à la baignade. La fraicheur de ses rives avive une quiétude contemplatrice. Si les crues ne sont pas rares, elles interviennent plutôt au début du printemps, ne durent guère longtemps. Depuis plusieurs années, suite aux intenses sécheresses, le niveau de la rivière baissait. Mais la nature réserve toujours des surprises…
Une première fois durant l’automne 2021, le Célé débordait atteignant un étage inquiétant. Il passait outre ses limites millénaires. Ses courants tempétueux entrainaient des arbres mal racinés et dégageaient les vestiges de branches mortes, les accumulant contre les colonnes des ponts. Aux abords des prairies s’entassaient aussi maints déchets plastiques, rebus de l’été marquée par une saison touristique un peu trop intensive. L’on est toujours étonné de ce que l’on peut retrouver. La pollution existe même lorsque tout est mis en œuvre afin de l’éviter.
En quelques heures, des pluies intenses précipitaient cette nouvelle crue. L’eau débordait, ne tardait pas à s’installer puis à envahir les vallées adjacentes, les prairies encore verdoyantes, les terres agricoles non ensemencées. Ruisselante, l’onde passait outre les interdits et surgissait dans les ruelles. Ainsi dans le village de Marcilhac-sur-Célé, le circuit aménagé autour de l’abbaye ne pouvait plus être emprunté sans l’aide d’une barque. Les bancs installés en surplomb de la rivière n’étaient plus accessibles si ce n’est en mettant les pieds dans une eau glacée.










