Le Causse du Quercy offre un nombre illimité de sentiers : certains sont balisés, d’autres ont été oubliés. Utilisés autrefois lors des transhumances des ovins, délaissés aujourd’hui, ces sentiers ne permettent pas moins des excursions exceptionnelles. Cette balade sur un sentier du Causse offre des visions presque apocalyptiques. Une flore endémique s’épanouit dans des paysages arides. La végétation, brûlée par le soleil, parfois détruite par un incendie dévastateur renaît de ses cendres. Les troncs décharnés des buis asphyxiés par une pyrale insatiable tentent de survivre dans un paysage où le minéral domine.
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Au milieu de ces plaques rocheuses, émergent des chênes ancestraux dont les troncs noueux rappellent les rides du temps. Presque un miracle tant la terre fait défaut. Les moutons ne paissent plus sur ces terres sauvages, caillouteuses. Non entretenues, des branches mortes s’enchevêtrent sur ces plateaux érodés. Plus l’on progresse entre deux murets moins l’on sait où l’on va déboucher. Bientôt ne va-t-il pas falloir faire demi-tour face à un obstacle imprévu ? Arbre abattu ou clôture infranchissable. La magie agit : celle d’une campagne oubliée, inculte cependant fascinante par sa façon de résister.
Ici tout manque : la terre peu profonde, l’eau dès que les températures s’emballent n’imbibe plus le sol mais s’infiltre en un sous-sol de ruisseaux labyrinthiques. Pourtant survivent érables de Montpellier, chênes pubescents, résistants et fiers. Dès le printemps émerge une végétation de garrigue. Fleurit le cornouiller. Des fleurs rustiques : hellébores ou primevères, violettes, euphorbes exubérantes pointent ça et là ! Tout au bout de cette balade sur un sentier du Causse, une maison en ruine rappelle que jusqu’à la première guerre mondiale, ces terroirs chiches étaient densément peuplés au point que les coteaux n’étaient plus que pierrailles : leurs arbres ayant été décimés afin de permettre le chauffage dans des chaumières précaires. Un autre temps – une autre histoire !











