{"id":2885,"date":"2024-03-10T09:23:28","date_gmt":"2024-03-10T08:23:28","guid":{"rendered":"https:\/\/motsdaubepine.fr\/?page_id=2885"},"modified":"2024-12-12T17:01:38","modified_gmt":"2024-12-12T16:01:38","slug":"lectures-choisies-2024","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/motsdaubepine.fr\/index.php\/lectures-choisies-2024\/","title":{"rendered":"Lectures choisies 2024"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #800080;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 14pt;\">Sur cette page viendront les lectures choisies 2024 et non tous les livres lus durant cette ann\u00e9e-l\u00e0. Tous ne rev\u00eatent pas \u00e0 mes yeux le m\u00eame int\u00e9r\u00eat. Tous n&rsquo;offrent pas le m\u00eame plaisir m\u00eame si tous sont synonymes d&rsquo;agr\u00e9ables moments. Cela commence par un roman de <\/span><span style=\"font-size: 14pt; font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif;\">Sigr\u00eddur Hagal\u00edn BJ\u00d6RNSD\u00d3TTIR <\/span><\/span><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 14pt;\"><span style=\"color: #800080;\">: <em>La lectrice disparue<\/em>.<\/span> <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #800080;\"><a href=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/index.php\/lire-cest-rever\/\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 18pt;\">La disparition d&rsquo;Edda<\/span><\/a><em><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 14pt;\"><br \/>\n<\/span><\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #800080;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 14pt;\"><a style=\"color: #800080;\" href=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Lectrice-disparue-.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2887 size-medium\" src=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Lectrice-disparue--188x300.png\" alt=\"Lectures choisies 2024 : la lectrice disparue\" width=\"188\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Lectrice-disparue--188x300.png 188w, https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Lectrice-disparue-.png 195w\" sizes=\"auto, (max-width: 188px) 100vw, 188px\" \/><\/a><strong>L&rsquo;intrigue est simple<\/strong>. Edda, jeune blogueuse, <em>La lectrice disparue<\/em>, s&rsquo;enfuit en laissant son b\u00e9b\u00e9 de trois jours. Rien ne justifie son geste. Elle n&rsquo;a laiss\u00e9 aucune explication : que ce soit \u00e0 son mari, \u00e0 ses m\u00e8res ou \u00e0 son demi-fr\u00e8re. Pourquoi ces m\u00e8res ? C&rsquo;est l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;auteure fait preuve de cr\u00e9ativit\u00e9 et offre une perspective g\u00e9n\u00e9reuse. <\/span><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 14pt;\">Tout commence une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es plus t\u00f4t. Comme le confie <span class=\"has-text-weight-bold is-capitalized\">Ragnhei\u00f0ur<\/span> :\u00a0 <em>\u00ab\u00a0Tout histoire a un d\u00e9but et une fin. Nous sommes all\u00e9s un peu trop vite en besogne pour raconter celle-ci. Commen\u00e7ons plut\u00f4t par le commencement.\u00a0\u00bb <\/em><\/span><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 14pt;\">Celle qui narre dans dans des chapitres intitul\u00e9s <em>Ici <\/em>a \u00e9t\u00e9 victime d&rsquo;un AVC. Install\u00e9e face \u00e0 une fen\u00eatre ou une baie vitr\u00e9e, elle ne s&rsquo;exprime plus. Ce sont ces pens\u00e9es qui d\u00e9filent.<br \/>\n<\/span><\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; color: #800080;\">Enceintes du m\u00eame homme<\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 14pt; color: #800080;\"><strong>Encore \u00e9tudiantes, deux jeunes femmes Julia et <span class=\"has-text-weight-bold is-capitalized\">Ragnhei\u00f0ur<\/span> s&rsquo;\u00e9prennent d&rsquo;\u00d6rlygur<\/strong>, un cin\u00e9aste volage qui met sa libert\u00e9 au dessus de tout. Toutes deux se retrouvent enceintes. Toutes deux &#8211; elles ont dix-neuf ans &#8211; malgr\u00e9 la pression de leurs parents refusent d&rsquo;avoir recours \u00e0 l&rsquo;avortement. D&rsquo;abord furieuse, Julia finit\u00a0 par accepter le fait d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 tromp\u00e9e. Elle propose \u00e0 <span class=\"has-text-weight-bold is-capitalized\">Ragnhei\u00f0ur<\/span> de venir habiter chez elle &#8211; ce qui permettra \u00e0 cette derni\u00e8re de poursuivre ses \u00e9tudes \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 des beaux-arts. Les deux b\u00e9b\u00e9s naissent \u00e0 quelques semaines d&rsquo;intervalle : Edda &#8211; fille de Julia et Einar fils de <span class=\"has-text-weight-bold is-capitalized\">Ragnhei\u00f0ur<\/span>. \u00c9lev\u00e9s ensemble par leurs m\u00e8res, s\u0153ur et fr\u00e8re s&rsquo;adorent, ne se quittent gu\u00e8re si ce n&rsquo;est que de temps en temps Edda dispara\u00eet pour aller lire dans un coin secret. Par jeu elle laisse des traces pour qu&rsquo;Einar puisse la rejoindre.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 14pt; color: #800080;\"><strong>Julia a un sacr\u00e9 caract\u00e8re<\/strong> : directe, autoritaire, d\u00e9cid\u00e9e. M\u00eame si ce ne sont pas forc\u00e9ment des d\u00e9fauts <span class=\"has-text-weight-bold is-capitalized\">Ragnhei\u00f0ur<\/span> souffre de son autorit\u00e9. <em>\u00ab\u00a0L&rsquo;ancienne g\u00e9n\u00e9rale a largement de quoi faire, ses yeux scintillent, elle a du pain sur la planches, des probl\u00e8mes \u00e0 r\u00e9soudre, elle est indispensable.\u00a0\u00bb<\/em> Heureusement, <span class=\"has-text-weight-bold is-capitalized\">Ragnhei\u00f0ur<\/span> a le sens de l&rsquo;humour.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 18pt;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; color: #800080;\">Dyslexie et <\/span><a href=\"https:\/\/seformermontessori-handicap.fr\/quest-ce-que-lhyperlexie\/\">hyperlexie<\/a><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 14pt;\"><span style=\"color: #800080;\"><strong> Ce n&rsquo;est que bien plus tard que l&rsquo;on apprend, dans une intrigue bien ficel\u00e9e qu&rsquo;Einar est dyslexique tandis qu&rsquo;Edda p\u00e2tit d&rsquo;une maladie peu connue l&rsquo;hyperlexie<\/strong>. Elle apprend \u00e0 lire seule. Tout reste grav\u00e9 dans sa m\u00e9moire. Et elle s&rsquo;isole : seul son fr\u00e8re peut la comprendre et l&rsquo;aider. Cette maladie &#8211; consid\u00e9r\u00e9e comme un spectre de l&rsquo;autisme &#8211; engendre son malaise. <em>\u00ab\u00a0Mon esprit m&rsquo;a enferm\u00e9e dans une prison dont les barreaux sont les mots.\u00a0\u00bb<\/em> Pour fuir cette prison jusqu&rsquo;o\u00f9 as -t-elle pu aller ? Pouss\u00e9 par Julia, Einar bien que peu convaincu de pouvoir faire quoi que ce soit &#8211; sa dyslexie lui a fait choisir un mode de vie loin des r\u00e9seaux sociaux &#8211; part sur sa trace. <em>\u00ab\u00a0Pauvre Einar ! Ce n&rsquo;est pas facile d&rsquo;avoir Julia sur le dos, j&rsquo;en sais quelque-chose. En tout cas, lorsqu&rsquo;elle est d\u00e9termin\u00e9e et lorsqu&rsquo;elle vous \u00e9treint de sa volont\u00e9 de fer.\u00a0\u00bb<\/em> Cependant Einar a une piste : il sait que sa s\u0153ur s&rsquo;est rendue \u00e0 New-York. Et il commence par visiter les biblioth\u00e8ques : les livres \u00e9tant le monde secret d&rsquo;Edda.<\/span><br \/>\n<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 18pt;\"><span style=\"color: #800080;\">Un livre paradoxal<\/span><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 14pt;\"><span style=\"color: #800080;\"><strong>Ce livre est un paradoxe<\/strong>. D&#8217;embl\u00e9e, l&rsquo;autrice islandaise d\u00e9clare qu&rsquo;\u00e9crire et lire ne fait pas partie des possibilit\u00e9s humaines. Elle cite Claude L\u00e9vi-Strauss \u00a0\u00bb la fonction primaire de la communication \u00e9crite est de faciliter l&rsquo;avertissement.\u00a0\u00bb Ce serait une h\u00e9r\u00e9sie. Seule l&rsquo;oralit\u00e9 aurait du sens. Edda \u00e9crit \u00e0 son fr\u00e8re : <em>\u00ab\u00a0Le probl\u00e8me est le suivant : ni moi ni aucun \u00eatre humain n&rsquo;est con\u00e7u pour la lecture et l&rsquo;\u00e9criture. Nous sommes programm\u00e9s pour parler, penser, r\u00e9soudre des probl\u00e8mes, pour chanter, danser, fa\u00e7onner de nos mains de beaux objets utiles, et \u00e9galement pour tuer, ha\u00efr, aimer et croire. Mais ni pour lire, ni pour \u00e9crire.\u00a0\u00bb<\/em> Mais ce livre &#8211; un v\u00e9ritable paradoxe &#8211; prouve le contraire puisque c&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 une \u00e9criture puissante, styl\u00e9e et efficace que l&rsquo;autrice entra\u00eene son lecteur jusqu&rsquo;au terme de son r\u00e9cit. Celui-ci\u00a0 s&rsquo;encha\u00eene magistralement agenc\u00e9 renforc\u00e9 par un style sensible, subtile, po\u00e9tique reflet du d\u00e9sarroi de celle ou celui qui se sent diff\u00e9rent. Chaque personnage apporte sa touche personnelle et sa vision des choses en donnant \u00e0 chacun des protagonistes\u00a0 les nuances qui le caract\u00e9risent.<\/span><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt; color: #800080;\"><em>La lectrice disparue<\/em> par Sigr\u00eddur Hagal\u00edn BJ\u00d6RNSD\u00d3TTIR<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt; color: #800080;\">Roman traduit de l&rsquo;islandais par Eric Boury paru aux Editions Babel Actes Sud<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff00ff; font-size: 18pt; font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif;\">_________________________________________________________________<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 14pt; color: #eb5e17;\"><span style=\"font-size: 18pt;\">L&rsquo;anarchiste qui s&rsquo;appelait comme moi<\/span> <\/span><\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14.0pt; font-family: 'Tahoma','sans-serif';\"><span style=\"color: #eb5e17;\">C&rsquo;est le deuxi\u00e8me livre que je lis de Pablo Mart\u00edn S\u00e1nchez. Ses talents d&rsquo;\u00e9crivain, de narrateur, de metteur en sc\u00e8ne, de chercheur ou d&rsquo;historien ne faillent pas. Bien au contraire. Son humour souvent subtil \u00e9poustoufle. C&rsquo;est avec plaisir et sans se lasser \u2013 ce livre fait plus de 600 pages \u2013 que l&rsquo;on se lance dans la biographie \u00e0 post\u00e9riori de Pablo Mart\u00edn S\u00e1nchez, n\u00e9 en 1890 : un homme ordinaire et extraordinaire \u00e0 la fois.\u00a0<\/span> <\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 14pt;\"><span style=\"color: #eb5e17; font-size: 18pt;\">\u00a0Deux r\u00e9cits compl\u00e9mentaires <\/span><br \/>\n<\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 14pt;\"><a href=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/lanarchiste-.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2957 size-medium\" src=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/lanarchiste--200x300.png\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/lanarchiste--200x300.png 200w, https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/lanarchiste-.png 380w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 14pt; color: #eb5e17;\">Deux \u00e9poques se c\u00f4toient donnant lieu \u00e0 deux r\u00e9cits compl\u00e9mentaires riches de d\u00e9tails, de citations historiques. <\/span><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 14pt; color: #eb5e17;\">L&rsquo;enfance de Pablo pr\u00e9lude sa vie \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte dans le Paris apr\u00e8s-guerre aux c\u00f4t\u00e9s de c\u00e9l\u00e8bres anarchistes espagnols exil\u00e9s suite \u00e0 la dictature de Primo de Rivera. Dictature que tous veulent renverser mais avec quels moyens. Pablo devient en de leurs espoirs puisqu&rsquo;il travaille comme compositeur typographe dans une imprimerie dirig\u00e9e par M. Faure un anarchiste.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 14pt; color: #eb5e17;\">Pablo na\u00eet avec le c\u0153ur \u00e0 droite. Angela dont il s\u2019\u00e9prend d\u00e8s qu\u2019il la voit \u2013 il n\u2019est alors qu\u2019un gamin \u2013 le prend pour un vampire car les vampires n\u2019ont pas de c\u0153ur ! pense-t-elle. Mais n\u2019est-ce pas plut\u00f4t le \u00a0pr\u00e9sage de ses engagements futurs autour d&rsquo;un destin exceptionnel ?<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; color: #eb5e17;\">Une pens\u00e9e libre de toute influence dogmatique<\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 14pt; color: #eb5e17;\"><a href=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Espagne.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-2964 size-medium\" src=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Espagne-278x300.png\" alt=\"\" width=\"278\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Espagne-278x300.png 278w, https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/Espagne.png 329w\" sizes=\"auto, (max-width: 278px) 100vw, 278px\" \/><\/a>Son p\u00e8re instituteur puis inspecteur des \u00e9coles primaires l&#8217;emm\u00e8ne avec lui dans la r\u00e9gion de Salamanque tandis que sa m\u00e8re et sa s\u0153ur Julia restent vivre \u00e0 <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Barakaldo\">Baracaldo<\/a>, dans le pays basque. Pablo n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;aller \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole. Son p\u00e8re fait son \u00e9ducation \u00e0 partir du terrain, l\u2019initie \u00e0 la nature aux \u00e9toiles, \u00e0 ce qui fait la beaut\u00e9 de la vie. <em>\u00ab Regarde, disait-il en montrant le ciel, celle qui a la forme d\u2019un char c\u2019est la Grande Ourse. Et, celle-l\u00e0, plus petite, c\u2019est la Petite Ourse ? Et cette autre, l\u00e0, qui a la forme d\u2019un M aplati, elle s\u2019appelle Cassiop\u00e9e. Oui, mon gar\u00e7on, oui : un M, le M de Mart\u00edn. \u00bb<\/em> De telles le\u00e7ons ne s\u2019oublient pas. Elles fa\u00e7onnent l\u2019esprit de Pablo, reviennent comme un leitmotiv po\u00e9tique au fil des pages. Cette pens\u00e9e ind\u00e9pendante l\u2019am\u00e8ne \u00e0 faire sienne les th\u00e9ories anarchistes dans une Espagne o\u00f9 elles ont d\u2019autant mieux pris racine que la d\u00e9mocratie est d\u00e9voy\u00e9e, tromp\u00e9e et que le peuple travailleur peine \u00e0 gagner sa cro\u00fbte.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 14pt; color: #eb5e17;\">Rien dans la vie de Pablo n\u2019est ordinaire. Tout comme son ami Roberto \u2013 alias Robinson ou Robin un v\u00e9g\u00e9tarien abst\u00e8me adepte du naturisme et de l\u2019amour libre \u2013 il ne renie jamais ce dont il juge juste. Il ne fait pas de compromis. Il va son chemin quoi qu&rsquo;il pourra en co\u00fbter ou advenir.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 18pt; color: #eb5e17;\">La vie dans les tranch\u00e9es \u00e9tait un enfer <\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 14pt; color: #eb5e17;\">Envoy\u00e9 sur le front \u00e0 Verdun comme journaliste mais guid\u00e9 par des militaires qui veillent \u00e0 ce que ne paraissent que ce qu\u2019ils veulent bien laisser transpara\u00eetre, il r\u00e9ussit \u00e0 leur fausser compagnie et \u00e0 obtenir les t\u00e9moignages de soldats d\u00e9sempar\u00e9s face \u00e0 l\u2019ignominie d\u2019une guerre o\u00f9 les pertes humaines ne comptent plus et ne se comptent plus. <em>\u00ab La vie dans les tranch\u00e9es \u00e9tait un enfer, en d\u00e9pit des blagues de l\u2019officier de service. Quand est-ce que quelqu\u2019un oserait enfin publier la v\u00e9rit\u00e9 ? \u2026 murmura un soldat en catalan en voyant passer les journalistes. Pablo fut le seul \u00e0 comprendre et, sous pr\u00e9texte de renouer son lacet, il resta en arri\u00e8re\u2026 Comme il ne lui \u00e9tait pas permis de parler avec les combattants, il attendit que disparaisse le colonel. \u00bb<\/em> Bravant la censure, il \u00e9coute le r\u00e9cit de cet enr\u00f4l\u00e9 espagnol. Il perdra son accr\u00e9ditation. \u00a0Que lui importe il a fait ce que lui dictait sa conscience.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 18pt; color: #eb5e17;\">M\u00e9diter pour sortir des sentiers battus<\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 14pt; color: #eb5e17;\">Ces pages consacr\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9vocation de la premi\u00e8re guerre mondiale &#8211; tout comme celles en troisi\u00e8me partie qui relatent l&#8217;emprisonnement et le proc\u00e8s de Pablo &#8211; sont magnifiques, \u00e9mouvantes et ouvrent la porte \u00e0 des interrogations. Que sait-on vraiment des guerres ? Sur le sort r\u00e9el des populations ? alors que la censure ne laisse \u00e9clore qu\u2019une partie de la v\u00e9rit\u00e9 ! Rien ! Nous ne savons rien de la terrible r\u00e9alit\u00e9 du terrain de guerre o\u00f9 vivent des civils. Tout au plus donne-t-on des chiffres, permet-on quelques images encadr\u00e9es avec le feu vert des militaires ou des chefs de partis. Pablo Mart\u00edn S\u00e1nchez qui n&rsquo;est pas l&rsquo;anarchiste mais l&rsquo;\u00e9crivain nous donne de quoi m\u00e9diter pour sortir des sentiers battus et ainsi aff\u00fbter notre r\u00e9flexion.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 14pt; color: #eb5e17;\">En cela le destin restitu\u00e9 de Pablo Mart\u00edn S\u00e1nchez, l\u2019anarchiste m\u00e9rite attention. <span class=\"corrected-phrase ng-star-inserted\" data-end=\"14\" data-originaltext=\"A aucune moment\" data-start=\"0\" data-text=\"\u00c0 aucun moment\"><span class=\"corrected-phrase__displayed-text corrected-phrase__displayed-text_bubbled\" data-group=\"AutoCorrected\" data-suggestions=\"1\" data-type=\"Grammar\">\u00c0 <\/span><\/span>aucun moment, il ne se renie alors qu\u2019il pourrait pr\u00e9tendre \u00e0 une vie moins risqu\u00e9e. C\u2019est quelqu\u2019un de fid\u00e8le : fid\u00e8le en amiti\u00e9, fid\u00e8le en amour, fid\u00e8le \u00e0 ses id\u00e9aux. Il ne triche pas. Il ne trahit pas : un personnage hors pair parmi les oubli\u00e9s\u00a0 s&rsquo;il n&rsquo;y avait eu la t\u00e9nacit\u00e9 d&rsquo;un \u00e9crivain !\u00a0 <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt; color: #eb5e17;\"><em>L&rsquo;anarchiste qui s&rsquo;appelait comme moi<\/em> par Pablo Martin Sanchez <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt; color: #eb5e17;\">Traduit de l&rsquo;espagnol par Jean-Marie Saint-Lu <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt; color: #eb5e17;\">Editions Zulma et La Contre All\u00e9e <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: tahoma, arial, helvetica, sans-serif; font-size: 14pt; color: #eb5e17;\"><span style=\"font-size: 18pt;\">____________________________________________________________________________<\/span><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: 12pt;\"><a href=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/index.php\/lectures-choisies-2024\/\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif;\">2666<\/span><\/a><\/span> <span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 12pt; color: #ff6600;\">est un livre de l&rsquo;\u00e9crivain chilien : <\/span><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Roberto_Bola%C3%B1o\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 12pt;\">Roberto Bola<\/span><\/a><\/strong><span class=\"mw-page-title-main\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 12pt;\"><strong><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Roberto_Bola%C3%B1o\">\u00f1<\/a><\/strong><strong><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Roberto_Bola%C3%B1o\">o.<\/a><\/strong> <span style=\"color: #ff6600;\">Mais l&rsquo;histoire ne se d\u00e9roule pas au Chili. Les personnages vagabondent sur la plan\u00e8te terre : de l&rsquo;Europe en passant par l&rsquo;Am\u00e9rique ou le Mexique. Ce livre se m\u00e9rite tant par le temps n\u00e9cessaire pour en arriver \u00e0 bout, tant que par la complexit\u00e9 des r\u00e9cits et la multiplicit\u00e9 des personnages.\u00a0<\/span> <\/span><\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 18pt; color: #ff6600;\"><strong>Cinq parties autonomes ou compl\u00e9mentaires<\/strong><\/span><\/h3>\n<p><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 12pt; color: #ff6600;\"><strong>Publi\u00e9 \u00e0 titre posthume, 2666 de Roberto Bola\u00f1o ce <span style=\"color: #ff6600;\">roman<\/span> semble-t-il, \u00e9tait inachev\u00e9<\/strong>. Qu&rsquo;aurait-il \u00e9t\u00e9 puisque il comporte d\u00e9j\u00e0 1162 pages ? Raconter l&rsquo;histoire n&rsquo;est pas simple puisque s&rsquo;imbriquent cinq parties \u00e0 la fois autonomes, parfois compl\u00e9mentaires. Toujours est-il que le personnage principal Benno von Archimboldi, est un \u00e9crivain myst\u00e9rieux, prolifique. Son nom bizarre intrigue. Des universitaires sp\u00e9cialistes &#8211; archimboldiens et renomm\u00e9s &#8211; un fran\u00e7ais, un espagnol, un italien et une anglaise &#8211; tentent d&rsquo;en percer le secret, de savoir qui se cache derri\u00e8re ce pseudonyme. Leurs enqu\u00eates les am\u00e8nent jusqu&rsquo;\u00e0 Santa Teresa au Mexique o\u00f9 Benno von Archimboldi s&rsquo;est rendu.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 12pt; color: #ff6600;\"><strong>Pourquoi\u00a0 est-il all\u00e9 dans cette ville de l&rsquo;\u00e9tat du Serano ?<\/strong> En effet, elle est surtout connue \u00e0 cause des centaines de f\u00e9minicides souvent non r\u00e9solus qui marquent son histoire. Au fil des ann\u00e9es, ceux-ci s&rsquo;encha\u00eenent ! Les s\u00e9vices subies par les femmes mais aussi les fillettes sont d&rsquo;une cruaut\u00e9 immonde.Quel rapport entre ces crimes sadiques et l&rsquo;\u00e9crivain adul\u00e9 ?<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 18pt; color: #ff6600;\"><strong>La partie des crimes<\/strong><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3134 size-medium\" src=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/2666-182x300.png\" alt=\"2666 : un livre de Roberto Bolano\" width=\"182\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/2666-182x300.png 182w, https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/2666.png 195w\" sizes=\"auto, (max-width: 182px) 100vw, 182px\" \/><span style=\"color: #ff6600; font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 12pt;\"><strong>Toute la quatri\u00e8me partie &#8211; <em>La partie des crimes<\/em> &#8211; relate ce ph\u00e9nom\u00e8ne monstrueux.<\/strong> Et m\u00eame si un suspect &#8211; Haas &#8211; un allemand qui a obtenu la nationalit\u00e9 am\u00e9ricaine est arr\u00eat\u00e9 et emprisonn\u00e9 &#8211; les f\u00e9minicides perdurent toujours plus horribles, plus violents. Symboles d&rsquo;une vision de la femme rabaiss\u00e9e, m\u00e9pris\u00e9e &#8211; les blagues auxquelles se livrent les policiers : toutes pires les unes que les autres &#8211;\u00a0 sont r\u00e9v\u00e9latrices de ce mal qui gangr\u00e8ne ce monde patriarcal. Haas r\u00e9v\u00e8le m\u00eame les noms des auteurs sans que personne ne veuille l&rsquo;entendre. Il accuse des cousins dont le p\u00e8re influant est li\u00e9 \u00e0 la mafia et au narcotrafic et en m\u00eame temps garant de la communaut\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff6600; font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 12pt;\"><em><strong>\u00a0\u00bb Je l&rsquo;ai vu une seule fois, dit Haas.<\/strong> C&rsquo;\u00e9tait dans une discoth\u00e8que ou dans un lieu qui ressemblait \u00e0 une discoth\u00e8que, mais qui \u00e9tait peut-\u00eatre un bar avec de la musique trop forte. J&rsquo;\u00e9tais avec des amis. Des amis et des clients. Le jeune type \u00e9tait l\u00e0, assis \u00e0 une table, avec des gens qu connaissaient certaines des personnes qui m&rsquo;accompagnaient. A c\u00f4t\u00e9 de lui, il y avait son cousin, Daniel Uribe.[&#8230;]Ils \u00e9taient forts et grands, Antonio Uribe plus que son cousin, on voyait bien qu&rsquo;ils faisaient de la musculation et des halt\u00e8res et qu&rsquo;ils prenaient soin de leur corps.\u00a0\u00bb\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 18pt;\"><strong><span style=\"color: #ff6600;\">Des digressions e<\/span><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; color: #ff6600;\">n pagaille<\/span><\/strong><\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 12pt; color: #ff6600;\"><strong>De fil en aiguille, Roberto Bola\u00f1o multiplie les allers-retours et autres bifurcations.<\/strong> Telles des poup\u00e9es gigogne, en pagaille, des digressions s&rsquo;encha\u00eenent non seulement temporelles mais aussi au cours d&rsquo;une discussion : une histoire en am\u00e8ne une autre. Quelquefois, elles apportent un d\u00e9but d&rsquo;explication qui bien souvent laisse insatisfait ou tourne en eau de boudin. Mais en fait, Bola\u00f1o \u00e9crit comme l&rsquo;on vit : la rencontre, l&rsquo;\u00e9change, les impressions, le d\u00e9but d&rsquo;une exp\u00e9rience, la s\u00e9paration et l&rsquo;oubli ou l&rsquo;inachev\u00e9 : autant de bifurcations dans la vie humaine.<\/span><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 18pt; color: #ff6600;\"><strong>Le vingti\u00e8me si\u00e8cle : terrain d&rsquo;investigation<\/strong><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 12pt; color: #ff6600;\"><strong>Quelques personnages, tel l&rsquo;\u00e9crivain traversent le si\u00e8cle.<\/strong> Si le roman commence dans les ann\u00e9es quatre-vingt-dix, il ne s&rsquo;y confine\u00a0 pas. Commence la digression. Le boiteux &#8211; un prussien &#8211; revient handicap\u00e9 de la premi\u00e8re guerre mondiale et \u00e9pouse la borgne. Un fils na\u00eet Hans Rieter. ( Cela aurait pu \u00eatre le d\u00e9but de l&rsquo;histoire mais c&rsquo;est sans compter sur la mise en sc\u00e8ne de Bola\u00f1o.) Au lecteur de faire l&rsquo;effort de raccrocher les morceaux, de se rem\u00e9morer et de sourire devant tant d&rsquo;ing\u00e9niosit\u00e9. Dix ans plus tard, nait Lotte qui adule son grand fr\u00e8re qu&rsquo;elle voit tel un g\u00e9ant. L&rsquo;on la retrouve bien plus tard, mari\u00e9e, m\u00e8re d&rsquo;un gar\u00e7on, pas comme les autres.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 12pt; color: #ff6600;\"><strong>Hans Rieter,\u00a0 rebut\u00e9 par l&rsquo;\u00e9cole trouve du travail dans un ch\u00e2teau souvent inhabit\u00e9<\/strong>.\u00a0 Seuls s&rsquo;y rendent et rarement en m\u00eame temps deux cousins\u00a0 la baronne von Zumpe, Hugo Halder qui devient son ami. Hans se pla\u00eet dans la biblioth\u00e8que : les livres l&rsquo;attirent.\u00a0\u00a0 Mais il doit quitter ce travail paisible. Enr\u00f4l\u00e9 au sein des troupes nazies, il se bat d&rsquo;abord sur le front de la ligne Maginot puis part \u00e0 l&rsquo;assaut de la Russie. Comme le hasard fait bien les choses &#8211; surtout sous la plume d&rsquo;un \u00e9crivain \u00e0 l&rsquo;imagination incessante &#8211; il croise\u00a0 la myst\u00e9rieuse baronne\u00a0 von Zumpe. Que fait-elle l\u00e0 au c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;officiers nazis dans un ch\u00e2teau tout droit sorti des anales de Dracula ?<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 18pt; color: #ff6600;\"><strong>Un puits de connaissance<\/strong><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 12pt; color: #ff6600;\"><strong>Il faut attendre la cinqui\u00e8me partie &#8211; <em>La partie d&rsquo;Archimboldi<\/em> &#8211;<\/strong> pour entrevoir un d\u00e9but de r\u00e9ponse et comprendre que&#8230; tout vient pour qui sait prendre le temps de la lecture, accepter des pages qui se r\u00e9p\u00e8tent, qui lassent ou laissent d\u00e9sabus\u00e9. Mais le r\u00e9sultat est l\u00e0 : passionnant, enrichissant car au cours de ce millier de pages, Bola\u00f1o parcourt le temps, l&rsquo;espace : l&rsquo;Europe, la Russie sovi\u00e9tique et enfin le nord du Mexique. Se d\u00e9voile sa richesse litt\u00e9raire, philosophique confront\u00e9e ou confort\u00e9e par la peinture, la musique ou les voyages.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 12pt; color: #ff6600;\"><strong>Des personnages annexes : autant de pierres \u00e0 l&rsquo;\u00e9difice<\/strong><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 12pt; color: #ff6600;\"><strong>Ses personnages annexes, jamais anodins sont autant de pierres \u00e0 son \u00e9difice.<\/strong> Ils le consolident, le confortent. Florita Almada appara\u00eet dans une \u00e9mission t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e. Qualifi\u00e9e de voyante, on fait appel \u00e0 elle non pour \u00e9lucider les crimes &#8211; des dizaines de policiers n&rsquo;y arrivent pas mais pour avoir son point de vue. Ce n&rsquo;est pas une jeune premi\u00e8re. Elle a soixante-dix ans. Elle a appris \u00e0 lire \u00e0 vingt ans gr\u00e2ce aux enfants dont elle s&rsquo;occupait. Son mari, maquignon lui ram\u00e8ne des livres. <em>\u00a0\u00bb Une fois, il \u00e9tait arriv\u00e9 avec vingt kilos de livres. Et elle n&rsquo;en avait pas laiss\u00e9 un de c\u00f4t\u00e9 sans l&rsquo;avoir lu, et de tous les livres, sans exception, elle avait tir\u00e9 un enseignement.\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 12pt; color: #ff6600;\"><strong>La connaissance s&rsquo;acquiert de multiples fa\u00e7ons.<\/strong> Comme Florita Almada &#8211; \u00e0 contrario des universitaires &#8211; Archimboldi est un autodidacte qui a fortifi\u00e9 son savoir par un parcours en dehors des clous : le premier livre lu, les notes manuscrites d&rsquo;Anski, la guerre, les voyages, les \u00e9changes : tout cela sans hi\u00e9rarchie. Par chance, un \u00e9diteur passionn\u00e9, M. Bubis qui n&rsquo;est pas \u00e0 la recherche de la notori\u00e9t\u00e9 ou de la richesse publie son premier ouvrage. Le succ\u00e8s est\u00a0 limit\u00e9 : trois cent exemplaires. Mais Bubis ne d\u00e9clare par forfait. Il croit en cet \u00e9crivain. Le temps lui donnera raison.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 18pt;\"><strong><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; color: #ff6600;\">Une \u0153uvre r\u00e9ver<\/span><span style=\"color: #ff6600;\">sible comme les peintures <span style=\"color: #5077ba;\">d&rsquo;<a style=\"color: #5077ba;\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Giuseppe_Arcimboldo\">Archimboldo<\/a><\/span><\/span><\/strong><\/span><\/h3>\n<div style=\"width: 431px\" class=\"wp-caption alignright\"><a style=\"color: #ff6600;\" href=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/thumb\/a\/a1\/Giuseppe_Arcimboldo_-_Reversible_Head_with_Basket_of_Fruit_-_WGA00843.jpg\/421px-Giuseppe_Arcimboldo_-_Reversible_Head_with_Basket_of_Fruit_-_WGA00843.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"mw-file-element\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/thumb\/a\/a1\/Giuseppe_Arcimboldo_-_Reversible_Head_with_Basket_of_Fruit_-_WGA00843.jpg\/421px-Giuseppe_Arcimboldo_-_Reversible_Head_with_Basket_of_Fruit_-_WGA00843.jpg\" alt=\"\" width=\"421\" height=\"266\" data-file-width=\"1300\" data-file-height=\"821\" \/><\/a><p class=\"wp-caption-text\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 12pt; color: #ff6600;\">T\u00eate r\u00e9versible avec panier de fruits : nature morte de fruits peint par Giuseppe Arcimboldo vers 1590.<\/span><\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 12pt; color: #ff6600;\"><strong>Le chiffre 2666 ne s&rsquo;explique pas :<\/strong> il ne correspond pas au nombre de f\u00e9minicides, il ne fait pas r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une ann\u00e9e future. Par contre la construction narrative s&rsquo;inspire de la par\u00e9idolie : la mani\u00e8re de peindre d&rsquo;un peintre italien du XXVI i\u00e8me si\u00e8cle\u00a0 : <a style=\"color: #ff6600;\" href=\"https:\/\/www.beauxarts.com\/grand-format\/giuseppe-arcimboldo-en-2-minutes\/\">Archimboldo<\/a>. Ce dernier r\u00e9alise des tableaux r\u00e9versibles \u00e0 double entr\u00e9e qui se contemplent aussi bien d&rsquo;en haut en bas que de bas en haut.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 12pt; color: #ff6600;\"><strong>L&rsquo;\u00e9criture de Bola\u00f1o porte cette empreinte.<\/strong> On est rarement dans la certitude, juste dans l&rsquo;approche, le souvenir, la recherche du mot juste. \u00a0\u00bb <em>De quoi avait peur Ivanov ? se demandait Ansky dans ses carnets. Pas du danger physique, car en tant qu&rsquo;ancien bolchevique, il avait \u00e9t\u00e9 souvent sur le point d&rsquo;\u00eatre arr\u00eat\u00e9, emprisonn\u00e9, d\u00e9port\u00e9, et m\u00eame on ne pouvait pas dire de lui que c&rsquo;\u00e9tait un type courageux, on ne pouvait pas non plus affirmer, sans mentir que c&rsquo;\u00e9tait quelqu&rsquo;un de l\u00e2che et sans tripes. La peur d&rsquo;Ivanov \u00e9tait de nature litt\u00e9raire.\u00a0\u00bb <\/em><\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 12pt; color: #ff6600;\"><strong><em><span style=\"font-size: 18pt;\">La crainte de l&rsquo;\u00e9crivain : \u00eatre habit\u00e9 par l&rsquo;apparence<\/span> <\/em><\/strong><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 12pt; color: #ff6600;\"><em>\u00ab\u00a0C&rsquo;est-\u00e0-dire que sa peur \u00e9tait la peur dont souffre la plus grande partie de ces citoyens qui d\u00e9cident un beau (ou un sale jour) de transformer l&rsquo;exercice des lettres, et surtout l\u2019exercice de la fiction en partie int\u00e9grante de leurs vies. Peur d&rsquo;\u00eatre mauvais. Peur aussi de ne pas \u00eatre reconnus.<\/em> [&#8230;] <em>Des peurs irrationnelles, pensait Ansky, surtout si les peureux contrebalancent leur peur avec des apparences. Ce qui revenait \u00e0 dire que le paradis des bons \u00e9crivains, d&rsquo;apr\u00e8s les mauvais, \u00e9tait habit\u00e9 par les apparences. Et que la qualit\u00e9 (ou l&rsquo;excellence) d&rsquo;une \u0153uvre tournait autour d&rsquo;une apparence. \u00ab\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 18pt; color: #ff6600;\"><strong>Un r\u00e9quisitoire sans faille<\/strong><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 12pt; color: #ff6600;\"><strong>Ce livre d\u00e9peint l&rsquo;enfer avec autant de pr\u00e9cisions que l&rsquo;a fait Dante.\u00a0<\/strong> L&rsquo;\u00eatre humain brille rarement par sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 ou son intelligence. Que ce soit \u00e0 travers la guerre &#8211; deux conflits mondiaux\u00a0 marquent le vingti\u00e8me si\u00e8cle &#8211; que ce soit dans des comportements individuels &#8211; la question des f\u00e9minicides, Bolano d\u00e9peint des hommes sans \u00e2me, sans empathie. A la recherche du pouvoir, du plaisir, de la richesse, l&rsquo;asservissement de la femme, la mort du prochain font partie int\u00e9grante du parcours.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 12pt; color: #ff6600;\"><strong>L&rsquo;homme finit par tout pourrir.<\/strong> <em>\u00a0\u00bb Il parle des jeunes juifs russes qui ont fait la r\u00e9volution et qui maintenant (ceci est probablement \u00e9crit en 1939) sont en train de tomber comme des mouches [&#8230;] Il mentionne des noms [&#8230;] Ensuite quelques pages plus loin, il les mentionne \u00e0 nouveau. Comme si lui-m\u00eame craignait de les oublier. Des noms, des noms, des noms. Ceux qui avaient fait la r\u00e9volution, ceux qui allaient tomber d\u00e9vor\u00e9s par cette m\u00eame r\u00e9volution, qui n&rsquo;\u00e9tait pas la m\u00eame mais une autre, non pas le r\u00eave mais le cauchemar qui se cache derri\u00e8re les paupi\u00e8res du <span style=\"color: #ff6600;\">r\u00eave.\u00a0\u00bb<\/span><\/em><\/span><\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/index.php\/lectures-choisies-2024\/\"><span style=\"color: #ff6600;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 10pt;\"><em>2666<\/em><\/span><\/span><\/a><span style=\"color: #ff6600; font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 10pt;\"> de\u00a0 <a style=\"color: #ff6600;\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Roberto_Bola%C3%B1o\">Roberto Bola<\/a><\/span><\/strong><span class=\"mw-page-title-main\" style=\"color: #ff6600; font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 10pt;\"><strong><a style=\"color: #ff6600;\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Roberto_Bola%C3%B1o\">\u00f1<\/a><\/strong><strong><a style=\"color: #ff6600;\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Roberto_Bola%C3%B1o\">o<\/a><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff6600; font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 10pt;\">Traduit de l&rsquo;espagnol (Chili) par Robert Amutio<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff6600; font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 10pt;\">\u00c9ditions de l&rsquo;Olivier<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 18pt; color: #ff6600;\">_________________________________________________________________________<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 18pt; color: #cc7a7a;\">Un pays de neige et de cendre<\/span><\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; color: #cc7a7a;\"><a style=\"color: #cc7a7a;\" href=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Un-pays-de-neige-et-de-cendres.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3205 size-medium\" src=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Un-pays-de-neige-et-de-cendres-182x300.png\" alt=\"Un pays de neige et de cendrs\" width=\"182\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Un-pays-de-neige-et-de-cendres-182x300.png 182w, https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Un-pays-de-neige-et-de-cendres.png 195w\" sizes=\"auto, (max-width: 182px) 100vw, 182px\" \/><\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; color: #cc7a7a;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Ce roman <em>Un pays de neige et de cendre<\/em> tout en douceur n\u2019occulte pas la douleur n\u00e9e d\u2019une histoire difficilement acceptable. Jusqu\u2019o\u00f9 l\u2019oubli peut-il \u00eatre tol\u00e9rer\u00a0? Jusqu\u2019o\u00f9 la culpabilit\u00e9 ou la responsabilit\u00e9 individuelle dans une histoire collective peut-elle \u00eatre excus\u00e9e\u00a0? Telles sont quelques-unes des interrogations philosophiques que pose la narratrice.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 12pt; color: #cc7a7a;\">\u00c9crit en deux temps compl\u00e9mentaires en alternance d\u2019un chapitre \u00e0 l\u2019autre, le r\u00e9cit se d\u00e9roule pendant la seconde guerre mondiale en 1944 mais aussi un peu plus tard en 1947. Ce laps de temps assez court permet \u00e0 l\u2019autrice de faire perdurer les personnages, de les faire se confronter sans s\u2019affronter, sans se rejeter m\u00eame si les circonstances auraient pu les y contraindre.<\/span><\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; font-size: 14pt; color: #cc7a7a;\"><strong>Inari et Enonteki\u00f6<\/strong> <\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; color: #cc7a7a; font-size: 12pt;\">Les faits se d\u00e9roulent en Finlande \u00e0 Inari : un territoire au bord de l\u2019arctique conquis par l\u2019Allemagne Nazie. Les arm\u00e9es Hitl\u00e9riennes, en s\u2019appuyant sur ceux qui d\u00e9siraient construire la Grande Finlande visent \u00e0 contrer les avanc\u00e9es russes. Dans cette r\u00e9gion glaciale et d\u00e9sertique, les Nazis ont \u00e9rig\u00e9 des camps de prisonniers de diverses nationalit\u00e9s : Ukrainiens, Sovi\u00e9tiques, Serbes. S\u2019y c\u00f4toient aussi des juifs, des communistes et des allemands d\u00e9serteurs. Les camps pullulent. Souvent, les gardiens sont des finlandais.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; color: #cc7a7a; font-size: 12pt;\">Inari \u2013 le lieu du camp de prisonniers \u2013 est en fait le journal que tient un jeune\u00a0 interpr\u00e8te, V\u00e4in\u00f6 Remes. D\u00e8s son arriv\u00e9e, il constate des conditions de d\u00e9tention terribles : le froid, la faim, les ex\u00e9cutions sommaires pour tous ceux qui font des tentatives d\u2019\u00e9vasion ou essaient de se rebeller. <em>\u00abImpossible de d\u00e9crire ce camp sans en mentionner la pestilence. Malgr\u00e9 la froideur de l\u2019hiver, un souffle macabre r\u00e8gne partout. [\u2026] Les hommes dormaient c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, les uns attach\u00e9s \u00e0 des fers, les autres entre eux. Il n\u2019y avait m\u00eame pas de feu dans le foyer, malgr\u00e9 le froid glacial. \u00bb<\/em> Par contre ceux qui veillent et gardent les prisonniers sont mieux lotis. Pour \u00e9chapper \u00e0 des conditions de vie extr\u00eames, les gardiens \u2013 des locaux \u2013 se dispensent d\u2019avoir des \u00e9tats d\u2019\u00e2me ! <em>\u00ab H\u00e4nninen a insist\u00e9 : je devrai toujours me confronter aux ordres, et je suis subordonn\u00e9 aux Allemands ici, non seulement en qualit\u00e9 d\u2019interpr\u00e8te mais aussi de gardien. \u00bb<\/em><\/span><\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; color: #cc7a7a;\">Inkeri Lindqwist et Bigga-Marja<\/span><\/strong><\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; color: #cc7a7a; font-size: 12pt;\">Trois ans plus tard, Inkeri Lindqwist depuis Helsinki se rend dans le village d\u2019Enont\u00e9ki\u00f6. A la recherche de son mari qui a disparu pendant la guerre, en s\u2019installant dans une maison qu\u2019elle a achet\u00e9e \u00e0 Piera, elle entend savoir ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 son \u00e9poux. Journaliste, photographe renomm\u00e9e, Inkeri a longtemps v\u00e9cu en Afrique avec son mari. \u00a0Elle accepte de garder Olavi Heiskanen comme locataire. Il se justifie. <em>\u00ab On a une p\u00e9nurie de logements. [\u2026] La guerre a tout d\u00e9truit. Personne ne trouve de place. \u00bb<\/em>\u00a0\u00a0 Que cachent Olavi et Piera, d\u00e9j\u00e0 \u00e2g\u00e9 qui \u00e9l\u00e8ve sa petite-fille Bigga-Marja : une same cultiv\u00e9e qui outre son dialecte parle plusieurs langues ?<\/span><\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; color: #cc7a7a;\">Des questions en suspens <\/span><\/strong><\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; color: #cc7a7a; font-size: 12pt;\">Un secret les lie. Mais lequel ? Est-ce en rapport avec son mari disparu ? Inkeri s\u2019interroge et interroge. Ses questions restent en suspens avec des r\u00e9ponses \u00e9vasives. Si on ne la rejette pas on l\u2019esquive. Lorsqu\u2019elle retrouve une photographie que son locataire tentait de faire dispara\u00eetre, elle a confirmation de ce qui l\u2019a amen\u00e9e en ces lieux. <em>\u00ab Deux mois plus t\u00f4t, elle avait appris l\u2019existence de camps de prisonniers, par-l\u00e0, pendant la guerre. Elle jeta un nouveau coup d\u2019\u0153il \u00e0 la photographie. [ \u2026] et cacha rapidement le cadre sous son bras. \u00bb<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; color: #cc7a7a; font-size: 12pt;\">Tout en menant sa qu\u00eate, elle s\u2019investit dans le village o\u00f9 elle donne des cours d\u2019art. Bigga Marja une de ces \u00e9l\u00e8ves se passionne pour la photographie. Non seulement, elle veut apprendre mais elle exige qu\u2019Inkeri la respecte et la consid\u00e8re non pas comme une Same \u2013 une minorit\u00e9 ethnique \u2013 mais comme son \u00e9gale. Face \u00e0 Inkeri, elle se rebiffe. Inkeri proserait-elle \u00e0 une finlandaise d\u2019aller poursuivre ses \u00e9tudes dans une \u00e9cole same\u00a0?<\/span><\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; color: #cc7a7a;\">Des camps de prisonniers : des camps sans contr\u00f4le<\/span><\/strong><\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; color: #cc7a7a; font-size: 12pt;\"><a href=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Un-pays-de-neige-gimp-scaled.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-3212 size-large\" src=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Un-pays-de-neige-gimp-1024x944.jpg\" alt=\"\" width=\"540\" height=\"498\" srcset=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Un-pays-de-neige-gimp-1024x944.jpg 1024w, https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Un-pays-de-neige-gimp-300x277.jpg 300w, https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Un-pays-de-neige-gimp-768x708.jpg 768w, https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Un-pays-de-neige-gimp-1536x1416.jpg 1536w, https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Un-pays-de-neige-gimp-2048x1888.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px\" \/><\/a>Que s\u2019est-il pass\u00e9 dans les camps de prisonniers ? <em>\u00ab Quand de nouveaux prisonniers arrivent, nous v\u00e9rifions leurs origines et d\u00e9terminons leur race, s\u00e9parons les \u00e9l\u00e9ments ind\u00e9sirables \u00e0 \u00e9liminer le moment venu, et s\u00e9lectionnons les individus \u00e0 interroger. \u00bb<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; color: #cc7a7a; font-size: 12pt;\">Gr\u00e2ce au journal de l\u2019interpr\u00e8te, nous savons que Kalle, le mari d\u2019Inkeri\u00a0 a\u00a0 offici\u00e9 dans le camp. Qu\u2019il b\u00e9n\u00e9ficiait de certains privil\u00e8ges. Pourquoi ? <em>\u00ab Gr\u00e2ce \u00e0 lui, nous recueillons des renseignements importants sur les nationalit\u00e9s qui nous arrivent. De plus, il donne un coup de mains pour les mesures. Lorsque\u00a0 le m\u00e9decin est ici avec son assistance, les mesures sont de son ressort ; le reste du temps, elles nous incombent aussi. Je n\u2019avais jamais fait ce travail, c\u2019est r\u00e9pugnant. \u00bb<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; color: #cc7a7a; font-size: 12pt;\">Sans d\u00e9voiler la suite du roman, le mot <em>mesures<\/em> met sur la piste : les nazis pratiquaient ce genre d\u2019approche. Savoir qui \u00e9tait juif, d\u00e9terminer les crit\u00e8res g\u00e9n\u00e9tiques d\u2019une race pure ou au contraire s\u00e9lectionner et \u00e9liminer les races mineures.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; color: #cc7a7a; font-size: 12pt;\">Dans ces camps, loin de tout regard ou de toute intrusion possible, le pire a \u00e9t\u00e9 commis, des exp\u00e9riences sur les prisonniers ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es. Inkeri en a bien conscience mais doit-elle arr\u00eater sa qu\u00eate ou au contraire aller jusqu\u2019au bout de la connaissance d\u2019un fait\u00a0: une ignominie permise et justifi\u00e9e en temps de guerre par une id\u00e9ologie totalitaire dont les racines ne sont toujours pas \u00e9radiqu\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; color: #cc7a7a; font-size: 10pt;\"><em>De neige et de cendres<\/em> de Petra Rautiainen<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; color: #cc7a7a; font-size: 10pt;\">traduit du finnois par S\u00e9bastien Cagnoli<\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; color: #cc7a7a; font-size: 10pt;\">\u00c9ditions Points<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: helvetica, arial, sans-serif; color: #cc7a7a; font-size: 14pt;\">_____________________________________________________________________________________________<\/span><\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #910909;\">L\u00e0 o\u00f9 sont les oiseaux<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms, geneva, sans-serif; font-size: 14pt; color: #910909;\"><a style=\"color: #910909;\" href=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/La-ou-sont-les-oiseaux.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3265 size-medium\" src=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/La-ou-sont-les-oiseaux-200x300.png\" alt=\"L\u00e0 o\u00f9 sont les oiseaux\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/La-ou-sont-les-oiseaux-200x300.png 200w, https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/La-ou-sont-les-oiseaux.png 210w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms, geneva, sans-serif; font-size: 14pt; color: #910909;\">Ce roman part doucement. Enfin presque puisque en prologue, l\u2019autrice met en sc\u00e8ne le suicide du gardien de phare de Kjeungskajaer, ne supportant plus la solitude apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de sa femme. Il faut le remplacer. Mais ce travail astreignant \u2013 vingt-quatre sur vingt-quatre \u2013 il s\u2019agit en cas de mauvais temps d\u2019entretenir la flamme de la lanterne afin d\u2019alerter les navires, implique de vivre dans ce phare perch\u00e9 sur un ilot, qui n\u2019est accessible que par barques et encore si le temps le permet. Seul, un homme mari\u00e9 \u2013 car son \u00e9pouse l\u2019aidera \u00e0 supporter la p\u00e9nibilit\u00e9 et les longues heures solitaires, peut pr\u00e9tendre \u00e0 cette fonction, bien pay\u00e9e.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms, geneva, sans-serif; font-size: 18pt; color: #910909;\">Johan et Marie <\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms, geneva, sans-serif; font-size: 14pt; color: #910909;\">Or Johan a besoin d\u2019argent. Cet adolescent sensible a perdu son p\u00e8re qui laisse sa famille sans ressources. Johan, bien que r\u00eavant de rejoindre l\u2019Am\u00e9rique avec\u00a0 Hannah dont il est follement amoureux ne veut pas laisser sa m\u00e8re d\u00e9munie. Cet emploi de gardien de phare serait la solution. Il lui faut se marier. Il ne peut \u00e9pouser Hannah, m\u00e8re de Lillen et sans aucun bien. Sa m\u00e8re ne l&rsquo;accepterait pas. Il choisit Marie, la fille du pasteur. Celle-ci accepte d\u2019embl\u00e9e l\u2019id\u00e9e. Pourquoi serait-on tent\u00e9 de se demander ? Quel secret cache Marie alors que son mari ne pense qu\u2019\u00e0 rejoindre Hannah d\u00e8s qu\u2019il le peut ? <em>\u00ab\u00a0 M\u00eame apr\u00e8s la noce, Hannnah et Johan avaient du mal \u00e0 se passer l\u2019un de l\u2019autre. \u00c7a n\u2019avait rien avoir avec un adult\u00e8re, se disait-il pour se disculper. S\u2019il la voyait, c\u2019\u00e9tait par n\u00e9cessit\u00e9 et pour le bien de tous. Elle \u00e9tait son refuge. \u00bb<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms, geneva, sans-serif; font-size: 14pt; color: #910909;\">Au dernier moment, il renonce \u00e0 partir vers l\u2019Am\u00e9rique pour ne pas abandonner sa m\u00e8re alors qu\u2019il n\u2019a aucun remords vis-\u00e0-vis de Marie enceinte de Darling. Hannah dispara\u00eet. Tout le village la croit morte et c\u2019est sa s\u0153ur, Karen, employ\u00e9e de m\u00e9nage chez le pasteur qui recueille Lillen. On ignore qui est le\u00a0 p\u00e8re. Hannah entretient le myst\u00e8re. Johan se r\u00e9fugie dans la pi\u00e8ce de garde, tout en haut du phare, d\u00e9sesp\u00e8re, pleure son amour perdu. Il semble inconsolable.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms, geneva, sans-serif; font-size: 18pt; color: #910909;\">Rang apr\u00e8s rang<\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms, geneva, sans-serif; font-size: 14pt; color: #910909;\">Et c\u2019est l\u00e0 toute la force de ce roman, tout en finesse qui se d\u00e9couvre au fil de l\u2019eau, comme un ouvrage de tricot qui prend forme rang apr\u00e8s rang. Chaque personnage \u2013 Johan, Marie puis leur fille Darling &#8211; narre son v\u00e9cu, dans des chapitres qui leur sont d\u00e9di\u00e9s. Petit \u00e0 petit, l\u2019inimaginable voire l\u2019indicible arrive. Les drames\u00a0 li\u00e9s \u00e0 la promiscuit\u00e9, aux pulsions de chacun surviennent comme autant de faits in\u00e9luctables. <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms, geneva, sans-serif; font-size: 14pt; color: #910909;\">Gr\u00e2ce \u00e0 ces r\u00e9cits qui s\u2019entrecroisent, l\u2019autrice nous enferme au c\u0153ur de la \u00a0passion amoureuse ou de la haine qu\u2019engendrent des abus physiques, sexuels. Alors que ce microcosme semble \u00e9quilibrer, seul l\u2019\u00e9go\u00efsme guide chaque vie. De l\u00e0, \u00e0 envisager le pire et \u00e0 chavirer dans l\u2019abject, il n\u2019y a qu\u2019un pas que chaque personnage malgr\u00e9 des c\u00f4t\u00e9s attachants franchit. Comme Johan, Marie, Darling fait face \u00e0 ses propres d\u00e9mons. <em>\u00ab\u00a0Le matin, elle avait du mal \u00e0 trouver une bonne raison de se lever. Elle \u00e9tait d\u00e9go\u00fbt\u00e9e par elle-m\u00eame, d\u00e9go\u00fbt\u00e9e par son p\u00e8re, d\u00e9go\u00fbt\u00e9e par le veau, horrifi\u00e9e \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019aller sur la c\u00f4te, o\u00f9 elle risquait de tomber sur Frederik.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Chacun cherche la r\u00e9demption \u00e0 tout prix.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms, geneva, sans-serif; font-size: 18pt; color: #910909;\">Darling<\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms, geneva, sans-serif; font-size: 14pt; color: #910909;\"><a href=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Carte-norvege.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-3273 size-medium\" src=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Carte-norvege-166x300.png\" alt=\"L\u00e0 o\u00f9 sont les oiseaux\" width=\"166\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Carte-norvege-166x300.png 166w, https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Carte-norvege-567x1024.png 567w, https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Carte-norvege.png 688w\" sizes=\"auto, (max-width: 166px) 100vw, 166px\" \/><\/a>L\u2019action se situe dans la contr\u00e9e c\u00f4ti\u00e8re d\u2019Uthaug : un village de Norv\u00e8ge o\u00f9 tout le monde se conna\u00eet. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 des personnages principaux Johan, Marie et Darling se juxtaposent des personnages tout aussi extraordinaires ! Valdemar, le petit fr\u00e8re de Darling, qu\u2019elle adore malgr\u00e9 son handicap mental et physique se prend pour une vache. Le puissant propri\u00e9taire fermier Fede abuse de ses employ\u00e9es, sans remords. D\u00e8s qu\u2019il arrive avec son violon et joue Liebesleid, c\u2019est mauvais signe pour elles o\u00f9 elles d\u00e9guerpissent, sinon ils les violent. Tout le monde le sait, tout le monde laisse faire : m\u00eame le pasteur qui passe l\u2019\u00e9ponge contre une obole. <em>\u00ab Peut-\u00eatre, soupira le pasteur. Est-ce qu\u2019on ne pourrait pas se contenter d\u2019un arrangement : vous payez et on n\u2019en parle plus. \u00c0 condition qu\u2019ensuite, vous d\u00e9cidiez de vous ma\u00eetriser. \u00bb<\/em><\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms, geneva, sans-serif; font-size: 18pt; color: #910909;\">Gudrun<\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms, geneva, sans-serif; font-size: 14pt; color: #910909;\">L\u2019arriv\u00e9e de Gudrun, venue du Danemark pour donner des le\u00e7ons particuli\u00e8res \u00e0 Darling est comme une bouff\u00e9e d\u2019oxyg\u00e8ne. Vive, libre, dr\u00f4le, l\u2019eau de vie que distille son p\u00e8re apport\u00e9e en cadeau d\u00e9lie les \u00e2mes, r\u00e9chauffe les c\u0153urs, permet enfin \u00e0 la joie d\u2019\u00e9tinceler sur le phare. \u00a0Gudrun s\u00e9duit ses h\u00f4tes par sa bonne-humeur et sa franchise de ton. Mais l\u2019\u00e9ducation de Darling achev\u00e9e, elle doit repartir chez son p\u00e8re.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms, geneva, sans-serif; font-size: 14pt; color: #910909;\">Darling a grandi\u00a0: celle qui passe pour la plus belle fille d\u2019Ordlang se m\u00e9fie de Frederick, le fils de Fede qui l\u2019a viol\u00e9e alors qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas pub\u00e8re. <em>\u00ab\u00a0Et puis, emport\u00e9e par le tourbillon de la vie, elle avait cess\u00e9 de songer \u00e0 tous les probl\u00e8mes qu\u2019elle avait laiss\u00e9s derri\u00e8re elle. Au fil des jours, elle s\u2019\u00e9tait sentie plus forte. Les gens d\u2019Orland, elle avait fini par les consid\u00e9rer comme des ploucs ignorants qui se complaisaient dans la b\u00eatise. Pourtant, \u00e0 chaque pas qui la rapprochait de la ferme, elle redevenait la petite Darling, fille du gardien de phare.\u00a0\u00bb<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms, geneva, sans-serif; font-size: 14pt; color: #910909;\">Ainsi s\u2019enchainent les r\u00e9cits de plusieurs vies qui se chevauchent dans un paysage grandiose bien qu&rsquo;aust\u00e8re et difficile comme le quotidien de ceux qui y demeurent avec \u00e0 l&rsquo;horizon la libert\u00e9 d&rsquo;\u00eatre soi, y compris au d\u00e9triment des autres, de ses proches. <\/span><\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms, geneva, sans-serif; font-size: 12pt; color: #910909;\">L\u00e0 o\u00f9 sont les oiseaux de Maren Uthaug <\/span><\/h6>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms, geneva, sans-serif; font-size: 12pt; color: #910909;\">traduit du danois par Fran\u00e7oise et Marina Heide. <\/span><\/h6>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms, geneva, sans-serif; font-size: 14pt; color: #910909;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00c9ditions Totem <\/span><\/span><\/h6>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: trebuchet ms, geneva, sans-serif; font-size: 14pt; color: #910909;\">___________________________________________________________________________________________________<\/span><\/h6>\n<h1 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; font-family: georgia, palatino, serif; color: #042191;\">Terre des affranchis<\/span><\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif; color: #042191;\"><a style=\"color: #042191;\" href=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Terre-des-affranchis.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-3275 size-medium\" src=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Terre-des-affranchis-187x300.png\" alt=\"Terre des affranchis\" width=\"187\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Terre-des-affranchis-187x300.png 187w, https:\/\/motsdaubepine.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/Terre-des-affranchis.png 468w\" sizes=\"auto, (max-width: 187px) 100vw, 187px\" \/><\/a>\u00c9trange histoire que celle de Victor et de sa famille. D\u2019abord, il y a le p\u00e8re, Tudor Luca, handicap\u00e9 suite \u00e0 un accident du travail \u00e0 la mine : une v\u00e9ritable brute qui martyrise son fils Victor, maltraite sa femme Ana et sa fille Eugenia <em>\u00ab Chacun savait que le vieux mineur faisait r\u00e9gner une v\u00e9ritable terreur sur sa famille. Son souffre-douleur \u00e9tait son fils, Victor. La moindre occasion \u00e9tait pr\u00e9texte pour le battre. \u00bb<\/em> <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif; color: #042191;\">Et puis, \u00e0 l\u2019instar de Tudor, Nicolae Ceau escu qui prend le pouvoir en 1965 b\u00e2illonne son peuple, impose sa poigne de fer et dans une Roumanie tr\u00e8s catholique ordonne la chasse des pr\u00eates orthodoxes &#8211; \u00e0 noter que ceux-ci ont le droit de se marier. Difficile de museler les consciences ! Les habitants du village Moldave de Slobozia ne renoncent pas\u00a0 \u00e0 leurs croyances qu\u2019elles soient pa\u00efennes ou chr\u00e9tiennes. <em>\u00ab Chaque dimanche matin, ainsi que tous les jours de f\u00eate, Ana, Eugenia et Victor se rendaient \u00e0 la paroisse pour assister \u00e0 de longues liturgies. \u00bb<\/em> Le pr\u00eate Ilie Mitran a <em>\u00ab une r\u00e9putation de saintet\u00e9. \u00bb<\/em><\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; font-family: georgia, palatino, serif; color: #042191;\">La fosse aux lions<\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif; color: #042191;\">Victor, solitaire devient une vraie force de la nature : on le\u00a0 surnomme <em>B\u0153uf muet<\/em>. Personne ne le c\u00f4toie. Il en souffre. Il se r\u00e9fugie souvent dans la for\u00eat pr\u00e8s d\u2019un lac <em>La fosse aux lions<\/em> qui Victor en est persuad\u00e9 le prot\u00e8ge. C\u2019est l\u00e0 que dans un instinct de survie qu\u2019il a assassin\u00e9 son p\u00e8re. C\u2019est aussi l\u00e0 que pris une pulsion violente, il \u00e9trangle Anita parce qu\u2019elle a refus\u00e9 son invitation \u00e0 \u00eatre sa cavali\u00e8re lors du prochain bal. Il ne voulait pas faire le mal mais il l\u2019a fait. <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif; color: #042191;\">Simion Piop, l\u2019unique policier du village ordonne la recherche de l\u2019assassin. En vain <em>\u00ab Arriv\u00e9s au lac, les chiens se mirent \u00e0 aboyer bruyamment en s\u2019agitant comme des fauves. Ils sentaient la pr\u00e9sence de Victor, car le gar\u00e7on en cavale \u00e9tait l\u00e0, tout pr\u00e8s de la rive, allong\u00e9 sous les branches. [\u2026] Les animaux semblaient p\u00e9trifi\u00e9s. Quelque-chose les emp\u00eachait d\u2019avancer plus loin. Les chiens grognaient tout en reculant. Le lac les repoussait. D\u2019une mani\u00e8re irr\u00e9sistible, La fosse aux lions prot\u00e9geait Victor de ses poursuivants.\u00a0\u00bb<\/em><\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif; color: #042191;\"><span style=\"font-size: 18pt;\">Deux fois criminels<\/span> <\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif; color: #042191;\">Que va devenir Victor, deux fois criminels ? Sa m\u00e8re et sa s\u0153ur ne l\u2019abandonnent pas. Un myst\u00e9rieux Isma\u00efl, le tzigane \u2013 \u00e0 la fois sorcier et chaman \u2013\u00a0 par son silence lui apporte son soutien. <em>\u00ab Mais Isma\u00efl \u00e9tait dans la for\u00eat comme un moine dans son clo\u00eetre. Jamais il ne livrait ses secrets. \u00bb<\/em> Suite \u00e0 une confusion, on annonce la mort de Victor. Victor le bucheron quitte son repaire dans la for\u00eat et retourne dans sa ferme o\u00f9 il vivra en catimini. <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif; color: #042191;\">En pleine \u00e9radication de la pens\u00e9e religieuse &#8211; le r\u00e9gime communiste ordonne la destruction de ses ouvrages et n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 assassiner les pr\u00eates orthodoxes, Ilie Mitran lui confie une mission. Pour son expiation, il recopiera les livres saints que la dictature de Ceau escu veut d\u00e9truire. Victor s\u2019acquitte de sa t\u00e2che avec application et d\u00e9votion. Cela suffira-t-il \u00e0 le sauver de ses d\u00e9mons ? Victor pourra-t-il \u00e9chapper \u00e0 son destin et obtenir son expiation afin d&rsquo;aller au royaume des cieux ? Que vient faire Daniel, myst\u00e9rieux \u00e9tranger qui vit dans l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 la plus totale pr\u00e8s de <em>La fosse aux lions<\/em> ? <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif; color: #042191;\">Le myst\u00e8re se complexifie : les disparitions s&rsquo;encha\u00eenent. Aliment\u00e9 par les inqui\u00e9tudes des villageois, la tension augmente. La folie destructrice guette. Exc\u00e9d\u00e9s, n&rsquo;\u00e9coutant que leur instinct de survie, ils veulent faire vengeance eux-m\u00eames.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif; color: #042191;\">Dans ce r\u00e9cit \u00e9pique o\u00f9 les personnages apparaissent au fil du temps qui avance, Liliana Lazar dans une \u00e9criture po\u00e9tique m\u00eale croyances locales : les moro\u00ef &#8211; les \u00e2mes des d\u00e9funts venues pers\u00e9cuter les vivants &#8211; et les croyances religieuses. Les unes n&#8217;emp\u00eachent pas les autres. Les pens\u00e9es des villageois oscillent des unes aux autres. Dans cet univers restreint, l\u2019intrigue s\u2019encha\u00eene comme dans un roman policier avec des rebondissements surprenants qui signent la finesse et l&rsquo;intelligence de cette autrice roumaine qui \u00e9crit en fran\u00e7ais.<\/span><\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt; font-family: georgia, palatino, serif; color: #042191;\">Terre des affranchis<\/span><\/h6>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt; font-family: georgia, palatino, serif; color: #042191;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">De Liliana Lazar Editions Babel<\/span><br \/>\n<\/span><\/h6>\n<p><span style=\"color: #042191; font-size: 14pt;\">_______________________________________________________________________________________________<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur cette page viendront les lectures choisies 2024 et non tous les livres lus durant cette ann\u00e9e-l\u00e0. Tous ne rev\u00eatent pas \u00e0 mes yeux le m\u00eame int\u00e9r\u00eat. Tous n&rsquo;offrent pas le m\u00eame plaisir m\u00eame si tous sont synonymes d&rsquo;agr\u00e9ables moments. Cela commence par un roman de Sigr\u00eddur Hagal\u00edn BJ\u00d6RNSD\u00d3TTIR : La lectrice disparue. La disparition d&rsquo;Edda L&rsquo;intrigue est simple. 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